COMMERCE : LA SECURITE REQUIERT UNE SOLUTION GLOBALE

Vitrines explosées, magasins pillés et saccagés, actes de vandalisme, menaces, tel fut le vécu des commerçants du centre-ville dont parmi eux, signalons-le, des commerçants d’origine étrangère, en marge des émeutes survenues les 11 et 15 novembre derniers.

La Région bruxelloise venait à peine de se remettre de l’image de zone à forte insécurité véhiculée par les médias depuis la piétonnisation du centre-ville et la crise économique provoquée par les attentats terroristes.

Le rôle de l’éducation, l’environnement social et économique

Les auteurs sont de très jeunes individus, nés pour la plupart en Belgique et en proie à un manque de reconnaissance et au sentiment d’être traités comme des citoyens de seconde catégorie. Le problème n’est pas nouveau : la société bruxelloise est confrontée depuis une trentaine d’années à la réalité d’une délinquance juvénile issue d’une immigration non contrôlée et non suivie. De tels actes enclenchent un cercle vicieux car ils ne peuvent aboutir qu’à renforcer encore davantage la stigmatisation d’une communauté et à attiser le racisme à son encontre.

 

 

Les commerçants réclament une solution globale

Face à cette situation, les commerçants bruxellois du centre-ville souhaitent que l’on dépasse la recherche à court terme de responsabilités isolées et réclament une solution globale. L’UPHTC, dans le cadre de sa mission de défense des commerces indépendants du centre-ville, se doit de répercuter l’analyse et les revendications exprimées par ces derniers.

Deux causes structurelles de la délinquance juvénile

Les lacunes observées au niveau de l’éducation, de l’environnement social, de la discrimination à l’embauche et les carences observées au niveau de la responsabilité parentale, ne peuvent expliquer qu’une partie du phénomène.

Les commerçants estiment qu’il convient de poursuivre les politiques menées à ces niveaux mais entendent dénoncer également une certaine impuissance de l’appareil judiciaire et répressif du pays et en particulier au niveau de la région bruxelloise, suite à une insuffisance structurelle des investissements dans le domaine de la sécurité et de la justice. Toutes les études et enquêtes réalisées en région bruxelloise l’ont démontré : la sécurité et la propreté des quartiers commerçants sont les deux principaux vecteurs du développement du commerce. La Région bruxelloise est particulièrement mal lotie à ce niveau si l’on sait par exemple que plus d’un tiers des constats de vols en magasin dans le pays enregistrés par l’ASBL Prévention et Sécurité sont effectués au sein de la Région de Bruxelles-Capitale.

Revendications à court terme

Une approche « commerce friendly » des récentes émeutes se décline par un soutien conjoint des différents niveaux de pouvoir concernés par ces incidents :

  • Le Ministre fédéral des Classes Moyennes, Monsieur Denis Ducarme, pourrait, comme la presse l’a annoncé, faire prendre en charge par le Gouvernement fédéral, le paiement de la franchise de l’assurance des indépendants concernés mais ainsi instaurer la possibilité du report du paiement des cotisations sociales.
  • Mieux encore, le Gouvernement fédéral pourrait accorder le report, sans amende et intérêt, du paiement des cotisations sociales patronales.
  • Le Gouvernement régional, quant à lui, pourrait prévoir au niveau de la réforme de la législation d’expansion économique, l’éligibilité des investissements réalisés par des entreprises et indépendants, suite à des émeutes provoquant des dégâts significatifs. Ou encore instaurer un crédit de trésorerie à l’instar du dispositif mis en place lors des attentats terroristes.
  • La Ville de Bruxelles pourrait, quant à elle, exonérer temporairement les commerces victimes des troubles publics graves survenus en novembre 2017, d’un certain nombre de taxes (précompte immobilier, taxes sur les enseignes, etc…).

A moyen terme : accélérer le réaménagement du piétonnier de l’hypercentre

L’environnement dégradé des boulevards centraux, par ailleurs en travaux depuis deux années et toujours en attente du démarrage des travaux liés au réaménagement effectif du piétonnier, est propice aux actes de vandalisme et de délinquance. La configuration actuelle peut également faire obstacle aux interventions des pompiers et des forces de l’ordre face à des mouvements collectifs violents.

Plus les travaux traînent, plus l’insécurité perdure et plus le risque de faillite est élevé. Il faut donc procéder à ces travaux dans les meilleurs délais.

Les revendications structurelles de long terme

L’UPHTC et l’ensemble des acteurs économiques pointent le manque d’effectifs de la police et l’insuffisance de la coordination entre les différentes zones de police. Plus précisément, il est impératif de remplir les effectifs du cadre de police des 6 zones de police soit 700 policiers dont 500 pour la seule zone de Bruxelles-Ixelles. Cette pénurie structurelle du cadre effectif en policiers est par ailleurs récurrente depuis plus d’une dizaine d’années.

D’aucuns soulignent également que si les forces de police bruxelloises sont rodées pour gérer un grand nombre de manifestations annoncées er autorisées, il n’en va pas de même au niveau des émeutes spontanées telles que celles survenues récemment. Aussi, l’élaboration d’un plan émeute ne serait pas du luxe.

Les commerçants et tous les observateurs avisés, soulignent aussi qu’une politique de sécurité efficace requiert une justice rapide avec une sanction à brève échéance des méfaits. L’impunité renforce la délinquance récidiviste. Dans un tel contexte, il est prioritaire d’investir dans notre système judiciaire et d’engager les 30 magistrats manquant en Région de Bruxelles-Capitale pour remplir correctement les tâches confiées à la magistrature et résorber l’arriéré qui porte au minimum sur 30.000 dossiers en souffrance sans tenir compte des trop nombreux dossiers classés sans suite par manque de personnel.

Investir dans la justice et la sécurité est une priorité

L’UPHTC souligne que les secteurs du commerce et de l’Horeca sont les activités majeures du centre-ville donnant de l’emploi aux bruxellois. Investir dans le développement du commerce, passe préalablement par un réinvestissement significatif dans les fonctions de la justice et de la sécurité.

Les commerçants souhaitent être enfin entendus….

Francine Werth

 

 

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